Santé auditive des français… que veut-on vraiment ?

2016 année charnière, 2017 année décisive
1er handicap en France, désormais clairement identifié comme un facteur aggravant les risques de développer une maladie neurodégénérative (type Alzheimer), la surdité est, depuis peu, désignée comme un enjeu majeur de Santé Publique.
On en a donc entendu parler en 2016 comme jamais… ! Il y eut, bien sûr, l’enquête de l’UFC-Que choisir stigmatisant l’opacité de l’offre de prothèses auditives pour les patients et les prix trop importants pratiqués par les audioprothésistes. Puis sont venus de multiples articles grand public, essentiellement émanations de l’enquête précédente, relayant les prix trop élevés pour permettre l’accessibilité de l’appareillage à tous les malentendants. En parallèle,l’Autorité de la Concurrence s’était tout naturellement saisie du sujet et, après un pré-rapport nuancé considérant comme fondamental le maintien de la qualité des soins, a finalement rendu un rapport définitif ouvrant une porte franche sur la dissociation du prix(1) et recommandant la suppression ou l’augmentation du numérus clausus(2).
Signalons encore la parution de l’étude Astères en septembre 2016, éblouissante démonstration de « la pertinence et l’efficacité des réseaux de soins pour mieux réguler la croissance des frais de santé et pérenniser l’accessibilité à des soins de qualité ». Cette étude avait été commanditée par l’Observatoire citoyen des restes à charge, dont l’un des 3 membres n’est autre que Santéclair (mais ça n’a rien à voir… ?).
Résumons : des prix trop chers, une offre opaque, des audioprothésistes trop peu nombreux. Heureusement, il y a les réseaux de soins qui jouent les gendarmes… et les nouveaux entrants (Opticiens « discounters »), qui vont enfin démocratiser l’accès à la prothèse auditive, pour peu qu’on leur accorde la suppression du numérus clausus.Voilà, dans les grandes lignes, ce que l’on veut faire croire aux français….
Mauvais temps pour les Audios indépendants ? Pas si sûr !
1-Les audioprothésistes indépendants constituent le courant, qui représente le mieux le statut de Professionnel de Santé de l’audioprothésiste. Les indépendants, tels que nous les connaissons, sont engagés, impliqués, compétents ; Rééduquer l’audition, tenir la main des malentendants, les accompagner vers la réussite de leur appareillage, c’est ainsi qu’ils pratiquent leur métier. Parce que l’appareillage auditif n’a de sens qu’intégré à un protocole précis et personnalisé. Les indépendants se forment, développent leurs activités et dynamisent le marché.
2-Les prix pratiqués par les audioprothésistes indépendants jusqu’à 19% moins chers(3). L’enquête Eurasanté effectuée en juin 2016 pour la SAIF a vérifié que les audioprothésistes indépendants sont, en général, significativement moins chers que les enseignes. Pas de politique commerciale imposée, pas de redevances, pas d’actionnaires haut perchés… chez les indépendants, les prix sont justes.
3-La France a l’un des meilleurs taux d’observance (taux de prothèses auditives achetées réellement portées) et l’un des meilleurs taux de satisfaction patients d’Europe. Un bon point de départ pour aller se battre sur le front de l’évolution du marché et s’assurer qu’elle nous permette de continuer à bien servir nos patients et à exercer notre métier dans des conditions médicales optimales.
C’est pourquoi la SAIF a besoin de vous : ensemble, fédérons une force indépendante qui compte.Créée en mars 2016, la SAIF, Société des Audioprothésistes indépendants de France, commence à se faire connaître et à être clairement identifiée auprès des pouvoirs publics. Nous travaillons aussi à faire valoir les audioprothésistes indépendants auprès du Grand Public et des prescripteurs.
Alors, chers Audioprothésistes Indépendants, prenons notre destin en mains : il est urgent de dire STOP à la désinformation ambiante et banalisée sur un sujet qui nous concerne et qui concerne potentiellement tous les français.
Si notre marché attire tant l’attention, c’est aussi parce qu’il attire les convoitises, signe que son potentiel est réel.
Alors, voulons-nous que notre marché ressemble demain à celui de l’optique ?
Voulons-nous un marché régulé par les prix plus que par la qualité ?
Voulons-nous des patients otages d’un marché de soins dégradés ?
Les audioprothésistes indépendants sont les vrais professionnels de ce secteur, ils ont leur mot à dire. Prenons la parole !
(1) Dissociation entre la vente de l’appareillage initial (appareil + adaptation initiale et réglages de la première année) et les prestations de suivi (années suivantes)
(2) Supprimer, ou à défaut augmenter, le numerus clausus fixant le nombre d’audioprothésistes diplômés chaque année en fonction de la progression de la demande
(3) Etude Eurasanté (juin 2017) sur le prix moyen d’une paire d’aides auditives moyen de gamme.
- Rédigé par Saif
- Le 10 février 2017
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